Un agent de contraste 3 en 1

Une équipe du BIAM dans le cadre d’une collaboration internationale*, est parvenue à développer un agent de contraste médical améliorant la précision de l’imagerie médicale. Certaines de ses propriétés pourraient également permettre le traitement de tumeurs par hyperthermie tout en apportant un traitement sur les zones ciblées.

Les techniques d’imagerie médicale, telles que l’imagerie par résonance magnétique (IRM), permettent de poser des diagnostics de plus en plus précis. Certaines techniques d’IRM utilisent des agents de contraste injectés par voie intraveineuse pour se propager via la circulation sanguine. Les nanoparticules d’oxyde de fer constituent une plate-forme prometteuse pour les applications biomédicales, tant en termes de diagnostic que de thérapie. Pour être efficace, le niveau de toxicité de ces agents doit être nul ou faible au regards du service médical rendu, et les nanoparticules magnétiques sont connues pour être biocompatibles.

Sur ces bases, les travaux du MEM se sont portés sur les atouts de nanoparticules de magnétite et des polypeptides polyarginine (polyR-Fe3O4). L’équipe est parvenue à démontrer que leur toxicité reste faible et comparable à celle du Resovist®, un agent de contraste actuellement utilisé en clinique.

Les études menées sur l’utilisation de ces nanoparticules hybrides en imagerie médicale par résonnance magnétique ont révélé une qualité d’image 1,6 fois supérieure en termes de contraste et de résolution que les agents actuellement utilisés.

D’autre part, les polyR-Fe3O4 ont la particularité de traverser les membranes cellulaires, ce qui ouvre des perspectives supplémentaires de développements pour l’avenir.

Ces particules peuvent également être utilisées pour générer localement de l’hyperthermie, par exemple pour traiter une tumeur. En laboratoire, les chercheurs ont pu atteindre 208 watts par gramme alors que le Feridex®, un agent actuellement utiliser dans ce type de traitement, n’atteint pour sa part que 83 watts par gramme.

Enfin, les scientifiques sont parvenus à greffer des molécules sur les polyR-Fe3O4 qui peuvent alors les vectoriser. Cela leur confère la triple capacité de permettre la prise d’images mais aussi de chauffer et de délivrer un traitement sur des zones très ciblées à l’échelle de la cellule ou d’une tumeur.

Actuellement les chercheurs élargissent le champ de leurs recherches à l’utilisation de leurs particules en Imagerie par Particules Magnétiques (MPI), une technique encore au stade du préclinique mais prometteuse pour la théranostique.

PolyR-Fe3O4 en circulation sur une cellule enthodélique cultivée dans des conditions d’écoulement.